Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

mercredi 28 décembre 2011

Le bulldozer de Vitry-sur-Seine



Guy Mollet (je crois) disait perfidement des communistes qu’ils n’étaient pas à gauche mais à l’Est. Ce qui, au niveau des organes dirigeants, était tout à fait exact, à l’époque. A cette époque lointaine où le PCF, et son antenne la CGT, ne s’étaient pas encore recyclés dans la défense des sanpapié et la promotion de la diversité. A l’époque où les 35 heures n’étaient pas encore considérées comme un acquis social mais comme une ruse de la bourgeoisie pour gruger le prolétariat.
Je ne sais pas s’il faut parler de nostalgie, car le PCF de cette époque n’avait rien de particulièrement aimable, mais parfois je ne peux m’empêcher d’éprouver un vague regret de cette extrême-gauche stalinienne, nuisible, bornée, disciplinée, si prévisible mais en même temps, en dépit de son internationalisme officiel, si souvent chauvine voir même - horribile dictu ! - xénophobe.
Oui, parfois, et puisque l’existence de l’extrême-gauche semble inévitable, on aurait envie de lui dire : « pardon, un peu moins au Sud s’il vous plait. »


« En décembre 1980, pour ouvrir la campagne présidentielle, il [le parti communiste] monte dans l’un de ses fiefs, Vitry-sur-Seine, en présence du maire, une opération bulldozer pour détruire le bâtiment d’un foyer de travailleurs immigrés. Puis, en février 1981, les élus municipaux organisent à Montigny-lès-Cormeilles une manifestation de délation contre une famille marocaine accusée d’être pourvoyeuse de drogue. Le jeune maire communiste de la ville, Robert Hue, est à la manœuvre, si peu connu alors que relatant l’évènement L’année politique de 1981 le baptisera sans malice Robert... Hué. Dans son programme présidentiel, Georges Marchais met en avant le thème de « créer et produire français » et de l’arrêt de l’immigration. Il défend les 40 heures de travail hebdomadaire contre les socialistes qui veulent passer aux 35 heures et qu’il accuse de vouloir baisser le pouvoir d’achat de la classe ouvrière. »

Jérome Jaffré, « La bataille électorale de 1981 », Commentaire n°136

dimanche 18 décembre 2011

Gardez votre lèvre supérieure rigide!




"Aurelle, mon ami, dit le docteur Watts, si vous voulez vivre estimé au milieu d’Anglais bien élevés, vous devez vous efforcer de comprendre le point de vue. Ils n’ont point de tendresse pour les tristes et méprisent les sentimentaux. Ceci s’applique à l’amour comme au patriotisme ou à la religion. Si vous voulez que le colonel vous méprise, arborez un drapeau à votre tunique. Si vous voulez que le Padre vous honnisse, faites-lui censurer des lettres pleines de momeries dévotes. Si vous voulez que Parker vous vomisse, pleurez en contemplant une photographie.
On a passé leur jeunesse à leur durcir la peau et le cœur. Ils ne craignent ni un coup de poing ni un coup du sort. Ils considèrent l’exagération comme le pire des vices et la froideur comme un signe d’aristocratie. Quand ils sont très malheureux, ils mettent un masque d’humour. Quand ils sont très heureux, ils ne disent rien du tout. Et au fond John Bull est terriblement sentimental, ce qui explique tout le reste."

Les silences du Colonel Bramble

mercredi 14 décembre 2011

"C'est un gentleman"




Deux récents billets, l’un de Jacques Etienne, l’autre de l’Amiral, ont réveillé mon anglomanie, qui ne demandait que cela, et m’ont fait me replonger dans la bible des anglophiles, à savoir Les silences du Colonel Bramble, d’où je tire illico, et pour votre plaisir, l’extrait suivant :

« Oui, ces hommes admirables sont par certains côtés demeurés des enfants : ils en ont le teint rose, le goût profond des jeux, et notre abri rustique m’apparait bien souvent comme une nursery de héros.
Mais j’ai en eux une confiance infinie : leur métier de constructeurs d’empire leur a inspiré une haute idée de leurs devoirs d’hommes blancs. Le colonel, Parker, sont des « sahibs » que rien ne fera dévier de la route qu’ils auront choisie. Mépriser le danger, tenir sous le feu, ce n’est même pas à leurs yeux un acte de courage, cela fait simplement partie d’une bonne éducation. D’un petit bouledogue qui tient tête à un gros chien, ils disent gravement : « C’est un gentleman. »
Et un gentleman, un vrai, c’est bien près d’être, voyez-vous, le type le plus sympathique qu’ait encore produit l’évolution du pitoyable groupe de mammifères qui fait en ce moment quelque bruit sur la terre. Dans l’effroyable méchanceté de l’espèce, les Anglais établissent une oasis de courtoisie et d’indifférence. Les hommes se détestent ; les Anglais s’ignorent. Je les aime beaucoup. »

Yes, indeed.

vendredi 2 décembre 2011

Les aventures d'Olaf le koala

Dans un récent échange avec l'Amiral Woland, ce dernier a suggéré que nous fassions baptiser notre koala-mascotte.
L'idée me semble excellente. J'imagine que la cérémonie pourrait ressembler à quelque chose comme ça. Il me tarde d'y être.