Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

dimanche 18 mars 2012

Tempérament français (crisse de câlisse de tabarnak!)



Pourquoi les Français n’ont ils jamais réussi à établir de colonies dignes de ce nom sur le continent Nord-Américain, alors que les Anglais y ont fondé les colonies que l’on sait ?
A quoi ressemblerait le monde, et la France, aujourd’hui si l’Amérique du Nord parlait le français, et non l’anglais ? (je n’oublie pas nos cousins québécois, mais enfin, force est de reconnaître qu’ils sont fort minoritaires et que le Canada est, à toutes fins utiles, anglo-saxon).
Vastes questions qui, pour la première, appelle sans aucun doute des réponses multiples et érudites et, pour la seconde, invite à bien des rêveries.
Questions qui, à mon avis, ne sont d’un intérêt seulement historique. Il me semble évident en effet que le destin croisé des Français et des Anglais dans le nouveau monde nous apprend quelque chose sur le tempérament de l’un et l’autre peuple, et sur le rapport entre leurs tempéraments et leurs institutions.
Si vous n’en êtes pas convaincus, ou plus simplement si vous ne vous êtes jamais posés la question, lisez donc ce qui suit. Le premier extrait est tiré du premier tome de De la démocratie en Amérique, et le second de l’Ami des hommes, le grand œuvre de Mirabeau (père).
Ce sont, pour paraphraser Tocqueville, trois morceaux charmants et, me semble-t-il, pleins de vérité et de profondeur.

***

« Deux grandes nations de l’Europe ont peuplé cette portion du continent américain : les Français et les Anglais.
Les premiers n’ont pas tardé à contracter des unions avec les filles des indigènes ; mais le malheur voulut qu’il se trouvât une secrète affinité entre le caractère des indiens et le leur. Au lieu de donner aux barbares le goût et les habitudes de la vie civilisée, ce sont eux qui souvent se sont attachés avec passion à la vie sauvage ; ils sont devenus les hôtes les plus dangereux des déserts, et ont conquis l’amitié de l’Indien en exagérant ses vices et ses vertus. Monsieur de Sénonville, gouverneur du Canada, écrivait à Louis XIV en 1685 : « on a cru longtemps qu’il fallait approcher les sauvages de nous pour les franciser ; on a tout lieu de reconnaitre qu’on se trompait. Ceux qui se sont approchés de nous ne se sont pas rendus Français, et les Français qui les ont hantés sont devenus sauvages. Ils affectent de se mettre comme eux, de vivre comme eux. »
L’Anglais, au contraire, demeurant obstinément attaché aux opinions, aux usages et aux moindres habitudes de ses pères, est resté au milieu des solitudes américaines ce qu’il était au sein des villes de l’Europe ; il n’a donc voulu établir aucun contact avec des sauvages qu’il méprisait, et a évité avec soin de mêler son sang à celui des barbares.
Ainsi, tandis que le Français n’exerçait aucune influence salutaire sur les Indiens, l’Anglais leur était toujours étranger. »

*

« Un gouverneur, un intendant se prétendant tous les deux les maîtres et jamais d’accord ; un conseil pour la forme. Gaieté, libertinage, légèreté, vanité ; force fripons, très rarement d’honnêtes gens, souvent mécontents, et presque toujours inutiles. Au milieu de tout cela des héros faits pour faire honneur à l’humanité, et d’assez mauvais sujets capables, dans l’occasion, de traits d’héroïsme. Le vol des cœurs, pour ainsi dire, et le talent de l’amitié des naturels du pays. De belles entreprises, jamais de suite. Le fisc qui serre l’arbre naissant, et déjà s’attache aux branches. Le monopole dans toute sa pompe ; voilà nos colonies. »

« La terre était excellente dans ses productions, la mer la plus poissonneuse qui soit au monde, le commerce des pelleteries tout neuf et si abondant qu’on n’en savait que faire. Ils se déterminèrent en braves Français ; ils prirent tout, et tout de suite furent plus loin pour voir s’il n’y aurait pas encore quelque chose de meilleur. Ils étaient sept ; un demeure en Terre-Neuve et dit : « malgré ces brouillards, je tiens ici, et toute la pêche est à nous » ; deux en Acadie, qui bientôt se battirent entre eux, à cause qu’ils étaient trop serrés. Les quatre autres se furent poser à Québec, dont l’un fut à plain-pied par le plus beau chemin du monde s’établir dans la baie d’Hudson ; deux autres, pour prendre l’air, remontèrent le fleuve pendant quelque vingt-cinq, trente ou quarante jours, jargonnèrent avec les sauvages, et leur demandèrent des nouvelles, les filoutèrent de leur mieux, furent à la chasse des hommes avec les premiers qui les en prièrent sans leur demander pourquoi et seulement pour se désennuyer, fichèrent quatre bâtons en terre qu’ils appelèrent « forts », partout où il leur parût que s’assemblait la bonne compagnie, et surtout plantèrent force poteaux où ils eurent soin d’écrire avec du charbon : « De par le roi ». »
 
***

Et pour récompenser ceux qui auraient eu le courage de lire jusque là, une petite vidéo des têtes à claques. Ce n’est pas fin-fin, mais ça se laisse regarder. « Watch out man, watch out, j’tai à l’oeil ! »


dimanche 4 mars 2012

Scoop !

En faisant des recherches iconographiques pour illustrer mes billets sur le féminisme je suis tombé par hasard sur quelques images qui - à n’en pas douter - vont faire du bruit au sein de la réacosphère, et même probablement au-delà.
De quoi s’agit-il ?
J’avais entré dans le moteur de recherche les mots « femme à barbe » et je parcourais d’un œil un peu distrait les résultats de ladite recherche, lorsque mon regard fut attiré par deux ou trois photographies qui me paraissaient avoir un indéfinissable air de familiarité. Il me semblait avoir déjà vu la personne posant sur ces vieux clichés. Mais où ?
Ce n’était pas quelqu’un que je connaissais personnellement, non, mais quelqu’un que j’avais déjà vu sur d’autres photographies, habillé différemment, plus âgé sans aucun doute, posant dans un autre cadre. Mais qui ?
Ce sont les chiens figurant sur ces clichés jaunis qui m’ont éclairé.
Les gros chiens, la barbe, la stature imposante, l’expression du visage... bon sang, mais c’est bien sûr !
Didier Goux !
Mais si voyons, le gentleman-blogueur du Pléssis-Hébert, le parrain de la réacosphère, le prince des écrivains en bâtiment, le roi des Brigades Mondaines, l’empereur de France-Dimanche.
Vous ne me croyez pas ? Jugez par vous-mêmes.


 
Ah ! alors, n’avais-je pas raison ?
Evidemment les questions se bousculent : pourquoi ces habits féminins ? Déguisement de carnaval ? Pari stupide ? Fantaisie d’après boire ? Traces d’une vie antérieure dont nous ignorons tout ?
On se perd en conjectures. Mais tout de même, quelle découverte, hein ?
Ah, il est bien vrai qu’à l’ère d’internet rien ne disparait jamais et qu’il faut porter la plus extrême attention aux traces que nous laissons.
Il va falloir que je songe à faire le tri dans mes albums photos...