Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

jeudi 21 février 2013

Questions métaphysiques



 
Je ne suis nullement ami avec Nicolas Jégou par qui ce questionnaire est arrivé chez l’Amiral, mais ce n’est pas une raison suffisante pour que je ne puisse pas m’amuser moi aussi si j’en ai envie, et ce même si les questions posées me semblent d’un intérêt, disons, moyen - mais j’ai la flemme d’en inventer d’autres, pour le moment. Donc voilà le résultat :

1/ Pourquoi voter ?

Peut-être n’irais-je plus voter le jour où j’aurais l’assurance que les gauchistes n’iront pas voter non plus, en attendant...

2/ Qu’osez-vous transmettre à vos enfants, entre la politique et la religion ?

Drôle de question. Comme si l’on pouvait éviter de transmettre quelque chose ! Comme si essayer de transmettre ses opinions à ses enfants était un acte subversif ou qui attente à leur liberté ! Je considère au contraire de mon devoir de père d’essayer de transmettre à mes enfants ce qui me parait juste et bon. Mais j’ai bien conscience que l’on ne transmet pas toujours ce qu’on voudrait et que la réception n’est pas toujours celle qu’on aurait souhaité.

3/ Pourquoi Mélenchon pourrait-il gagner ?

Parce que François Hollande a bien réussi à être élu président de la république, alors tout est possible.

4/ Faut-il voter utile ou voter pour ses idées ?

Ca dépend du contexte électoral. Mais en général je dirais qu’il faut voter pour le candidat le plus proche de vos idées qui a le plus de chances d’être élu.

5/ Es-tu favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales ?

Bien sûr. Je suis aussi favorable à ce que même les étrangers qui ne vivent pas en France puissent voter aux élections françaises, à toutes les élections. Parce que l’égalité est l’âme de la France et qu’il ne faut pas faire le jeu du Front National.

6/ A quoi sert un blog en 2013 ?

A la même chose que les années précédentes. A s’amuser. A discuter avec des gens intéressants. A faire rager ceux d’en face. A contribuer à modifier l’opinion publique.

7/ Peut-on se fâcher pour des motifs politiques avec des très proches ?

En ce qui me concerne, la question est plutôt : des très proches peuvent-ils se fâcher avec vous pour des motifs politiques. Et la réponse est : oui.

8/ Feriez-vous ce test à des Racailles de 11 ou 15 ans ?

Oui, bien sûr. Pour pouvoir relever leurs empreintes.

9/ Avez-vous des limites à votre hostilité contre la peine de mort ?

Je n’ai aucune hostilité envers la peine de mort. Pour certains crimes elle me semble un châtiment juste et approprié.

10/ Le Mali, en vacances, c’est comment ?

Pourquoi aller au Mali alors qu’on a déjà Montreuil ?

11/ Si tu es féministe, ça t’emmerdes pas d’être un homme ?

Je suis, grâce à Dieu, totalement immunisé contre ce qui se présente aujourd’hui comme « féminisme ». Je n’ai donc aucunement honte d’être un homme. Mais il me semble effectivement qu’un homme qui adhérerait au féminisme actuel n’aurait le choix qu’entre l’incohérence et la haine de soi.

lundi 18 février 2013

Pierre Manent sur l'art moderne

 
Il est bien rare de trouver des propos intelligents sur l'art moderne, et plus particulièrement l'art dit "contemporain". Avec ce petit texte de Pierre Manent c'est, me semble-t-il, chose faite. Lisez donc ce qui suit si la question vous intéresse. Et lisez Pierre Manent de manière générale. Si je peux me permettre un très mauvais jeu de mots : Manent scripta manent. Les latinistes distingués comprendront.
Bonne lecture.


"Le désir, l’exigence d’immédiateté tend à dominer tous les aspects de la vie démocratique moderne. Il serait intéressant d’étudier sous cet angle l’art moderne. Je ne suis nullement un spécialiste, et je vais dire des choses très sommaires, mais il me semble que son évolution, ou le principe de son évolution, est aussi celui de la suppression des formes et des médiations.
Prenons la peinture, dont le destin a déterminé celui de l’art moderne en général : l’égalisation des genres, l’abandon de la perspective, le rejet des conventions de la représentations, tout cela pointe vers une expérience qui se veut pure, simple et absolue, l’expérience que l’homme fait de lui-même en tant que créateur. Expérience détachée du reste de la vie politique et sociale, religieuse et intellectuelle, expérience qui se veut à la fois élémentaire et totale, expérience que fait l’être humain de son humanité.
C’est pourquoi l’art moderne est essentiellement non figuratif. Paradoxalement, c’est pour être plus purement humain. L’art figuratif, l’art de l’imitation et de la ressemblance, entre en réseau et en résonnance avec les autres expériences, politiques, sociales et morales, communique avec elles, se confond pour partie avec elles, et pour autant ne peut pas provoquer une expérience « pure » ou purement et simplement humaine. On comprend que l’art non figuratif paraisse à beaucoup conduire au « non-art » ou à des expressions qui relèvent de l’ « imposture ». Sa logique est en effet de supprimer de plus en plus tout ce qui manifeste un travail d’élaboration raffiné - les signes d’un tel travail sont une sorte de « figuration » - d’aller vers l’art « brut », c’est à dire vers la proclamation arbitraire et la présentation immédiate comme une œuvre d’art d’une chose non élaborée.
On pourrait dire que, de toutes part, dans tous les domaines de sa vie, l’homme contemporain cherche une expérience immédiate de lui-même et de l’humanité."

Pierre Manent, Cours familier de philosophie politique