Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

jeudi 28 mars 2013

L'islam? Ce sont les musulmans qui en parlent le mieux



 
Dans l’institution religieuse islamique, la guerre sainte est une prescription religieuse en raison de l’universalité de l’appel en vue d’amener la totalité des hommes à l’islam de gré ou de force. C’est pourquoi le califat et la souveraineté temporelle y ont été établies de telle façon que ceux qui en ont la charge puissent exercer leur force dans les deux domaine à la fois.
Pour les autres institutions religieuses [chrétiennes et juives], leur mission n’y est pas universelle, pas plus que la guerre sainte n’y est prescrite, sauf seulement pour se défendre. Celui donc qui y est en charge de la religion ne s’occupe en rien de la conduite des affaires politiques. La souveraineté temporelle échoit seulement à quelqu’un de façon accidentelle et pour des raisons autres que religieuses c’est-à-dire en vertu des exigences de l’esprit de corps qui porte naturellement à rechercher le pouvoir. Ils ne sont pas chargés, en effet, de se rendre maître des nations comme c’est le cas de l’institution religieuse islamique. Il est seulement requis d’eux qu’ils observent leur religion en privé.

Ibn Khaldoun, Muqaddima, III, Chap.33

lundi 18 mars 2013

L'homme sage est celui qui connait ses limites




Lorsque, comme moi, on s’intéresse de près aux questions politiques (euphémisme) et que l’on est, comme moi, très insatisfait de l’offre politique (nouvel euphémisme), on ne peut guère manquer de s’attirer la question suivante, ou de se la poser soi-même : « eh ! Vous critiquez et vous plaignez sans cesse, mais qu’attendez-vous pour nous montrer ce que vous savez faire ? Pourquoi ne vous lancez-vous pas dans la politique ? Cherchez à être élu que diable, fondez votre parti politique, adhérez à l’un de ceux qui existent, bref, agissez un peu au lieu de vous contenter de parler ». Las, il y a loin, très loin, en politique, entre le fait d’avoir de bonnes idées (et je suppose évidemment que les miennes sont bonnes) et parvenir à mettre ses idées en pratique. Je l’ai très vite su, d’une certaine manière, mais ce n’est qu’en lisant Tocqueville que j’ai pleinement compris ce que je pressentais confusément.
Tocqueville, on le sait, n’a pas seulement écrit des livres qui l’ont rendu justement célèbre, il a aussi eu une carrière politique. Celle-ci malheureusement a été beaucoup moins brillante que sa carrière d’écrivain, et beaucoup moins brillante qu’il ne l’espérait. Député de la Manche de 1839 à 1851, président du conseil général du même département jusqu’en 1852, Tocqueville fut élu à l’Assemblée Constituante de 1848, puis il occupa brièvement le poste de Ministre des Affaires Etrangères, entre juin et octobre 1849. Le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, mis fin à sa carrière politique. Le terme qui convient le mieux à propos de celle-ci est sans doute celui d’échec honorable. Tocqueville ne l’ignorait pas et, toujours lucide, il n’ignorait pas non plus les raisons de son insuccès. Voici comment il les expose dans ses Souvenirs.

« Je m’étais toujours senti comprimé et opprimé dans le sein de ce monde parlementaire, qui venait d’être détruit : j’y avais trouvé toutes sortes de mécomptes, et quant aux autres et quant à moi-même ; et, pour commencer par ces derniers, je n’avais point tardé à découvrir que je n’y possédais pas ce qu’il fallait pour jouer là le rôle brillant que j’avais rêvé ; mes qualités et mes défauts y faisaient obstacle. Je n’étais point assez vertueux pour imposer le respect, et j’étais trop honnête pour me plier à toutes les petites pratiques qui étaient alors nécessaires au prompt succès. Et remarquez que cette honnêteté était sans remède car elle tient si bien à mon tempérament autant qu’à mes principes que, sans elle, je ne puis jamais tirer le moindre parti de moi-même. Quand par hasard j’ai été obligé de parler dans une mauvaise cause, ou de marcher dans une mauvaise voie, je me suis aussitôt trouvé dépourvu de tout talent et de toute ardeur, et je confesse que rien ne m’a plus consolé du peu de succès que mon honnêteté avait souvent, que la certitude que j’ai toujours eu que je n’aurais jamais fait qu’un requin très maladroit et fort médiocre.
J’avais cru à tort que je retrouverais à la tribune le succès rencontré dans mon livre. Le métier d’écrivain et celui d’orateur se nuisent plus qu’ils ne s’aident. Il n’y a rien qui ressemble moins à un bon discours qu’un bon chapitre. Je m’en aperçus bientôt et je vis bien que j’étais rangé parmi les parleurs corrects, ingénieux, quelquefois profonds, mais toujours froids et par conséquent sans puissance. Je n’ai jamais pu me réformer complètement sur ce point. Ce ne sont pas assurément les passions qui me manquent, mais à la tribune la passion de bien dire a toujours éteint momentanément chez moi toutes les autres. J’avais également fini par découvrir que je manquais absolument de l’art nécessaire pour grouper et mener ensemble beaucoup d’hommes. Je n’ai jamais pu avoir de dextérité que dans le tête-à-tête, et je me suis toujours trouvé gêné et muet dans la foule ; ce n’est pas qu’à un jour donné je ne sois capable de dire et de faire ce qui peut plaire, mais cela est loin de suffire ; ces grandes opérations sont fort rares dans la guerre politique. Le fond du métier, chez un chef de parti, consiste à se mêler continuellement parmi les siens et même parmi ses adversaires, à se produire, à se répandre tous les jours, à se baisser et à se relever, à chaque instant, pour atteindre le niveau de toutes les intelligences ; à discuter, à argumenter sans repos, à redire mille fois les mêmes choses sous des formes différentes, et à s’animer éternellement en face des mêmes objets. De tout ceci, je suis profondément incapable : la discussion sur les points qui m’intéressent peu m’est incommode, et sur ceux qui m’intéressent vivement douloureuse ; la vérité est pour moi une chose si précieuse et si rare et si précieuse, que je n’aime point à la mettre au hasard d’un débat quand une fois je l’ai trouvé : c’est une lumière que je crains d’éteindre en l’agitant ; et quant à pratiquer les hommes, je ne saurais le faire d’une manière habituelle et générale, parce que je n’en connais jamais qu’un très petit nombre. Toutes les fois qu’une personne ne me frappe point, par quelque chose de rare dans l’esprit ou les sentiments, je ne la vois pour ainsi dire pas. J’ai toujours pensé que les hommes médiocres, aussi bien que les gens de mérite, avaient un nez, une bouche et des yeux, mais je n’ai jamais pu fixer dans ma mémoire la forme particulière qu’avaient ces traits chez chacun d’eux. Je demande sans cesse le nom de ces inconnus que je vois tous les jours, et je l’oublie sans cesse ; je ne les méprise point pourtant, mais je les fréquente peu, je les traite comme les lieux communs. J’honore ceux-ci, car ils mènent le monde, mais ils m’ennuient profondément. »

dimanche 10 mars 2013

Politique Magazine : l'interview intégrale




Comme vous le savez sans doute, votre serviteur a été interviewé, en compagnie d’autres blogueurs éminents, par le mensuel Politique Magazine. L’interview est parue dans le numéro de février. Bien entendu, le journaliste qui l’a réalisé n’a gardé qu’une partie de ce que je lui avait dit. C’est le jeu. Mais comme je ne doute pas que vous soyez dévorés par l’envie de connaitre l’intégralité de mes propos, je me suis dit qu’il serait cruel de ma part de vous faire languir plus longtemps. Voici donc Politique Magazine - l’interview dans la version « director’s cut ». Ah, vous ne pourrez pas dire que je ne vous gâte pas !

***

1 Depuis quand tenez-vous un blog et d’où vient son nom ? Et pourquoi vous êtes vous lancé ?

Je tiens un blog depuis à peu près deux ans. Son nom - Ostracisme - est une référence à la question de la liberté de paroles et aux ennuis, légaux et para-légaux, qui guettent ceux qui avancent certaines opinions. C’est une indication que les idées défendues sur ce blog ne font en général pas partie de celles qui sont considérées comme « acceptables » dans le débat public. C’est aussi une justification implicite du fait que j’ai choisi le format blog, avec la liberté et l’anonymat qu’il permet, pour défendre mes idées.
Je me suis lancé car je voulais participer à la conversation civique, tout simplement. Je n’ai pas de désir de gloire et, sur mon blog, j’évite le plus possible de parler de moi, par prudence bien sûr mais surtout parce que cela ne m’intéresse pas. Je désirais défendre et promouvoir ce qui me parait juste et bon, « with firmness in the right as God gives us to see the right », pour reprendre une formule célèbre. J’avais ce désir depuis longtemps mais je n’avais pas trouvé de moyen qui me satisfasse pour le réaliser - jusqu’à ce que je découvre les blogs politiques.

2 Vous considérez-vous comme un pamphlétaire ?

Non. Je n’ai pas le talent d’un pamphlétaire, et je cherche avant tout à convaincre, ce qui suppose, me semble-t-il, une certaine modération dans le ton. Ma « cible » est double : donner des arguments à ceux qui, grosso modo, partagent déjà mes idées, et convaincre ceux qui n’en sont pas trop loin de nous rejoindre. Mais on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Ou en tout cas pas seulement avec du vinaigre.

3 Estimez-vous mener un combat ?

A l’évidence. Un combat d’idées, combat qui, en politique, est sans doute le plus décisif. Pour citer encore une fois Lincoln : « Dans les communautés politiques comme celle-ci, l’opinion publique est tout. Avec l’opinion publique, rien ne peut échouer ; sans elle rien ne peut réussir. Par conséquent celui qui façonne l’opinion publique, agit plus profondément que celui qui fait des lois ou prend des décisions. Il rend les lois et les décisions possibles ou impossibles exécuter. »

4 Qu'est ce qui vous différencie des autres blogs ?

Avant de me lancer j’ai fait une sorte « d’étude de marché ». J’ai cru constater que les créneaux du billet d’humeur, de l’éditorial, et de la satire ou de la parodie étaient déjà très occupés, et souvent avec beaucoup de talent. Il m’a semblé en revanche que celui de l’argumentation de fond - si je peux dire cela ainsi - était plus clairsemé. J’ai donc décidé de l’occuper. J’essaye de présenter à mes lecteurs des arguments plus fouillés et des analyses plus poussées que ce que l’on peut trouver sur la plupart des blogs. Sachant que le format blog ne permet pas de toutes façons d’aller aussi loin que le livre. Disons que j’essaye d’occuper un créneau intermédiaire entre l’article de journal et l’ouvrage universitaire, ce pourquoi je présente souvent des sortes de synthèses de livres qui me paraissent intéressants et peu connus en France.

5 Que vous inspire la réaction qui s'opère sur Internet ? 

De l’espoir. Je crois beaucoup à la propagation souterraine des idées, aux petits ruisseaux qui font les grandes rivières et finissent par tout emporter sur leur passage de manière imprévue. Intellectuellement, le progressisme est moribond. La vitalité intellectuelle est de notre côté, et internet est un instrument formidable pour contourner le barrage des grands médias. Et puis, même si politiquement cela ne débouchait sur rien, c’aurait toujours été l’occasion d’échanger avec des gens intéressants - et de bien s’amuser à l’occasion. Car même si les « réacs » que je connais sont souvent pessimistes, ils sont en général loin d’être tristes.


vendredi 1 mars 2013

JE suis Laurent Obertone



Bon, maintenant ça suffit. Je vois que partout dans la réacosphère se multiplient les soit-disant Laurent Obertone. Ah les jean-foutre ! Ah les traitres ! Ils veulent s’approprier ma gloire naissante, je vois clair dans leur jeu. Et pourquoi pas aussi mes droits d’auteurs tant qu’ils y sont ?
Mais je vais tous les pulvériser façon puzzle ces petits, tout petits joueurs.
JE suis Laurent Obertone, l’auteur de La France orange mécanique.
Des preuves ? Vous voulez des preuves ?
Non mais, vous avez vu leurs blogs à ces cuistres ? Et vous croyez VRAIMENT qu’ils pourraient écrire un livre pareil ?
Ah ah, laissez rire !
L’amiral Woland ? Mais sorti des catapultes, des koalas et des grasses métaphores à base de roustons, y a plus personne mon pauvre monsieur.
Didier Goux ? Allons, allons. Je vous parle de La France orange mécanique pas d’un vulgaire Brigade Mondaine. Un vrai livre quoi, pas un truc d’écrivain en bâtiment avec une scène de cul toutes les dix pages.
Dixdiag ? Carine ? Bah, ce sont des femmes, restons sérieux.
Noix Vomique ? Mais d’où sortez-vous ? Je vous rappelle qu’il est prof. Vous entendez : prof. Et vous croyez qu’il irait prendre le risque de se faire lyncher, écorcher vif et écartelé (après énucléation) en salle des profs en écrivant un truc pareil ? Si vous y croyez c’est que vous êtes prêt à croire n’importe quoi.
Les autres prétendants ? Je n’en parle même pas, il faut garder un minimum de sérieux.
Non, qui seul est capable dans la réacosphère d’écrire des choses sérieuses, argumentées, documentées ?
Ah ! alors, alors, vous y venez ? Vous comprenez maintenant ?

Bien, fini de rire bandes d’imposteurs. Cessez immédiatement vos pitoyables tentatives d’usurper mon identité, et rendez à César ce qui appartient à César. Si vous vous prosternez suffisamment bas, je vous pardonnerais peut-être.