Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

vendredi 24 janvier 2014

Léo Strauss sur Winston Churchill




Le 24 janvier 1965 s’éteignait Winston Churchill. En apprenant son décès, le jour suivant, Léo Strauss – sans doute le plus grand philosophe politique du 20ème siècle – fit les remarques suivantes lors de son cours de doctorat en philosophie des sciences sociales, à l’Université de Chicago.

« La mort de Churchill est un rappel salutaire aux étudiants en science politique de leurs limites, des limites de leur discipline.
En 1940 le tyran se trouvait à l’apogée de son pouvoir. Le contraste entre l’homme d’Etat indomptable et magnanime et le tyran insensé – ce spectacle, dans sa claire simplicité, fut l’une des plus grandes leçons que les hommes puissent apprendre à toute époque.
Non moins éclairante est la leçon transmise par l’échec de Churchill, échec trop grand pour être qualifié de tragédie. Je fais allusion au fait que l’action héroïque de Churchill contre Hitler pour la liberté humaine n’avait contribué qu’à accroître, sans qu’il n’y eut aucune faute de Churchill, la menace que Staline ou ses successeurs ont fait peser sur la liberté. Churchill a fait le maximum qu’un homme pouvait faire pour contrer cette menace – publiquement et de la manière la plus visible en Grèce et à Fulton, Missouri [dans son discours sur le rideau de fer].
Ses écrits ne sont pas d’un iota moins importants que ses actes et ses discours, et par-dessus tout son Marlborough – le plus grand ouvrage historique écrit durant notre siècle, une mine intarissable de sagesse politique et de compréhension dont la lecture devrait être obligatoire pour tout étudiant en science politique.
La mort de Churchill nous rappelle les limites de notre discipline et par là notre devoir. Nous n’avons pas de devoir plus grand, ni plus urgent, que de nous rappeler et de rappeler à nos étudiants la grandeur politique, la grandeur humaine, les sommets de l’excellence humaine. Car nous sommes supposés nous former et former les autres à voir les choses telles qu’elles sont, et cela signifie, par-dessus tout voir leur grandeur et leur misère, leur excellence et leur abjection, leur noblesse et leur bassesse, et par conséquent à ne jamais confondre la médiocrité, quelque brillante qu’elle puisse être, et la véritable grandeur. A notre époque, ce devoir exige de nous, en premier lieu, que l’on se libère de la supposition que les jugements de valeur ne peuvent pas être des constations de faits. »

vendredi 17 janvier 2014

Sur mon scooter



 
Sur mon scooter

Paroles et musique, F. Hollande

Quand je partais de bon matin
Quand je délaissais mon turbin
Sur mon scooter
J’aillais chez quelque bonne copine
Pour me rafraichir la pine
Y avait Anne et Valérie
Et puis Julie

J’étais pas amoureux d’elle
Mais c’est vrai qu’elle était belle
Sur mon scooter
Dans les petites rues de Paris
J’ai souvent vécu l'enfer
Pour ne pas dévoiler mon pied à terre
A Valérie

Faut dire qu’il y avait Closer
Et ses paparazzis suiveurs
Sur mon scooter
Et depuis que j’étais président
Ils avaient fait en me suivant
Tous les chemins environnants
Sur mon scooter

Quand on arrivait rue du Cirque
J’avais déjà une de ces triques
Sur mon scooter
Puis on forniquait gaiement
L’actrice et le vieux dégoûtant
Qu’elle n’aurait jamais embrassé
S’il n’était pas président

Quand le gendarme en faction
Interrompait nos distractions
Nos galipettes
Je revenais fourbu content
Le cœur un peu vague pourtant
De devoir partager mon temps
Avec Valoche

Oser la répudier enfin
L’abandonner tel un vieux chien
Et l’oublier
Je me disais c'est pour demain
J'oserai, j'oserai demain
Quand je délaisserai mon turbin
Pour mon scooter

(Pardon à Yves Montand...)