Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

vendredi 3 octobre 2014

A propos d'une légende au sujet du Moyen-Age



J’ai depuis longtemps trouvé assez ridicule l’idée que les chevaliers du moyen-âge, revêtus du « grand harnois blanc », auraient été tellement engoncés dans leurs pesantes armures qu’ils ne pouvaient se relever une fois tombés à terre.

Non pas parce que j’aurais eu une connaissance approfondie des armes et des techniques de combat de cette époque, mais pour la raison suivante : supposer que les chevaliers, une fois désarçonnés, devaient ressembler à de gros scarabées ou à des tortues retournées sur le dos, attendant impuissants qu’on vienne leur trancher la gorge, implique que les hommes du moyen-âge étaient fondamentalement stupides.

Voilà en effet une parure de guerre fort coûteuse, façonnée patiemment par les meilleurs artisans avec les meilleurs techniques de l’époque, et qui vous exposerait à une mort sans gloire pour peu que vous tombiez de cheval, ce qui, dans le fracas des batailles, devait arriver plus souvent qu’à son tour ?

Qui donc serait assez bête pour faire un pareil calcul et aller ainsi au combat ?
Nous ne le ferions pas, assurément, alors pourquoi supposer que les hommes du moyen-âge auraient pu le faire ?

En fait, nous n’avons pas de mal à gober une telle théorie, pourtant évidemment fausse, parce que celle-ci flatte secrètement notre orgueil : aujourd’hui, nous sommes tellement plus malins qu’à l’époque. Voilà ce que signifie réellement la légende du chevalier immobilisé par son armure.
Je crois qu’on trouverait la même vanité à l’origine de bien des croyances populaires actuelles au sujet des pratiques du Moyen-Age. Et quand je dis croyances populaires, combien de fois ai-je entendu celles-ci énoncées par des guides, lors de visites de châteaux !

Défions-nous de toutes les théories qui impliquent que les hommes des siècles passés auraient eu moins de bon sens que nous et nous tomberons presque toujours juste. Il peut y avoir des exceptions, bien sûr, mais avant même tout examen je suis prêt à parier qu’elles sont très peu nombreuses.